Ce que disent nos lecteurs

Fragments d'un monde désenchanté m'a profondément touché. Ce n'est pas seulement un recueil de textes, mais une réflexion sur ce que nous sommes devenus. Georges y mêle lucidité, mélancolie et tendresse pour une humanité qu'il sent s'éloigner d'elle-même.
Ce livre m'a fait réfléchir à notre rapport au temps, au progrès, et à la simplicité perdue de nos vies. Il m'a rappelé que, même dans un monde désabusé, il existe encore des voix sincères capables de rallumer une étincelle d'espérance.
L'Auteur fait partie de ceux qui posent les mots comme on pose un regard : juste, dense, sans fioritures.
Un livre à lire lentement, pour en goûter toute la profondeur.
Christophe G.

Lire "Avel Nevez" a été une expérience forte. le roman m'a confronté à un dilemme qui me hante : jusqu'où peut-on aller au nom du progrès et de la transition écologique, sans détruire les vies et les territoires qui nous entourent.
À travers Léna et Keriniz, Georges explore avec finesse les compromis, les mensonges et les illusions du "progrès". Ce livre m'a poussé à réfléchir à notre manière de vivre, à repenser ce que signifie avancer, tout en respectant le vivant et l'humain. Une lecture qui marque et fait réfléchir bien après la dernière page.
Plume&vent

J'ai beaucoup aimé votre livre et j'avais envie de vous le dire. Quand on écrit, on ne sait jamais comment les lecteurs vont réagir et je pense que vous serez intéressé de connaître un avis détaillé, surtout s'il est positif ! (j'ai déjà laissé un commentaire sur Amazon mais on ne peut écrire que quelques mots et je tenais à en dire un peu plus).
D'abord, j'ai trouvé votre livre très bien construit et argumenté : vous abordez tous les enjeux et problématiques des parcs éoliens, et vous en révélez les côtés sombres, ceux dont les médias ne parlent jamais : les consultations bidon, les études trafiquées, les rapports contradictoires enterrés, le report des coûts éoliens sur les factures d'électricité ; les dégâts écologiques sous-estimés avec le bruit
des forages, les fuites d'huile hydraulique, les champs électromagnétiques des câbles ; et les dégâts humains, avec les conséquences sur la pêche, les emplois promis jamais crées, la chute de l'immobilier, la fermeture des commerces, l'exode parfois. Vous faites le tour complet de la question et vos explications sont claires et faciles à comprendre pour le citoyen lambda, qui est souvent très mal informé (et bien manipulé) au sujet des éoliennes. J'ai pu le constater en distribuant des tracts pour Piebîem, les gens ne sont au courant de rien et ils ont un à priori favorable contre lequel il est difficile de lutter. Avel Nevez est à ce titre un excellent outil pédagogique, il devrait être distribué aux lycéens, population particulièrement « brainwashée », comme dirait notre président.
Vos personnages sont plus vrais que nature, on a l'impression que vous les avez
rencontrés en chair et en os. Ainsi, dans votre Martinet de « Vent Nouveau », j'ai retrouvé l'alter ego d'un représentant d'une entreprise éolienne (norvégienne je crois) que j'avais interpelé avant une réunion d'information organisée il y a deux ans à Lorient par le préfet et des « missionnaires » du ministère de la Transition écologique. Il avait le même cynisme : quand je lui ai demandé si « ça ne lui
faisait pas mal au cœur d'abîmer d'aussi beaux paysages que ceux de Belle-île ? », voici ce qu'il m'avait répondu sourire en coin : « Ben quoi, vous voulez que la Bretagne soit une région pour les retraités ? » Et à la sortie, j'étais tombée sur un cadre nantais de RTE, copie conforme de votre Da Silva « incarnation d'une neutralité administrative résignée » qui reconnut en baissant la tête que l'électricité produite n'alimenterait que très peu la Bretagne mais essentiellement les métropoles et l'Allemagne.
Quant à votre candidat aux élections municipales « autonomiste » adoubé à Paris, c'est le portrait craché de militants écolos que je croise régulièrement dans une association que je fréquente parfois où grenouillent nombre de conseillers municipaux à fond pour les éoliennes.
Ensuite, votre livre est magnifiquement écrit. Connaissant votre parcours comme
ingénieur en informatique, je m'attendais à un ouvrage un peu technique, mais pas du tout : vous avez un réel talent d'écrivain. Vous trouvez des formules qui claquent et qui marquent les esprits. Par exemple celle que vous employez pour définir ce qu'est vraiment l'éolien en mer : « Un monstre énergivore ayant revêtu le déguisement de la vertu » ou d'autres phrases comme celles-ci : « La tragédie moderne n'est pas sanglante, elle est bureaucratique », « Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais l'apathie », qui résument bien notre époque. Et vous avez un style enlevé : il n'y a pas de temps mort dans votre récit, on ne s'ennuie pas une seconde, il se lit presque comme un roman policier, je l'ai d'ailleurs dévoré en quelques jours.
Enfin, votre livre m'a bouleversée parce qu'il parle de ce qui n'a pas de prix : l'horizon, la beauté, la nature, que j'ai tellement peur de voir saccagés, ici, à Lorient, avec le projet AO5 encore plus dément que les autres avec ses mâts de 350 mètres, ses flotteurs géants qui vont occuper un espace immense et ses chaînes arrimées aux fonds marins. J'ai aussi été très émue quand vous évoquez le sort des pêcheurs, déjà tellement malmenés par l'empire des normes, et dont l'activité est menacée de mort par tous ces parcs. La scène du vieux pêcheur qui préfère affronter les bateaux de la Marine et mourir plutôt que de perdre son travail et sa passion est terrible, j'en ai eu les larmes aux yeux.
En tant que militante anti-éoliennes, j'aurais préféré que les « gentils » gagnent à la fin de votre livre et que le projet Avel Nevez ne voie jamais le jour. Vous avez une vision fataliste de l'avenir – le « progrès » est inéluctable – et en vous lisant, j'avais parfois envie de vous dire : mais non, ce n'est pas perdu d'avance, il y a des lueurs d'espoir, la mobilisation contre la PPE3 qui gagne du terrain par exemple, ou le désistement des exploitants éoliens pour les parcs d'Oléron ou de Centre
Manche. Votre conclusion, cependant, est plus optimiste qu'il n'y paraît : dans vingt ou trente ans, vous tablez que les parcs déjà construits, jugés trop coûteux ou remplacés par une autre source d'énergie, seront abandonnés, puis démantelés. Et ce jour-là, dans la baie de Saint-Brieuc, au Croisic ou à La Baule, l'horizon et le vent reprendront leurs droits, comme depuis la nuit des temps. Dans cette course
prométhéenne pour dompter les éléments, les éoliennes n'auront pas le dessus : tôt ou tard, elles seront forcées de déposer leurs pales et de s'incliner devant le sacré. Ce n'est qu'une question de patience !
Voilà, monsieur Épinette, les impressions que je voulais partager avec vous. J'espère qu'elles vous feront plaisir et que votre livre trouvera un grand nombre de lecteurs.